Qui était Bousquet ?

Publié le par Josep

René Bousquet, alors âgé 84 ans, est assassiné le 8 juin 1993 à Paris. (1) Il a été l'un des hommes-clé de la déportation des Juifs, comme secrétaire général à la police au ministère de l'Intérieur, d'avril 1942 à décembre 1943. Ami de Pierre Laval, il avait collaboré activement avec les autorité allemandes d'occupation ; Darquier de Pellepoix, commissaire aux questions juives sous Vichy, avait mis en cause en 1979 René Bousquet, l'accusant d'avoir fourni des moyens matériels et effectifs nécessaires à la rafle du Vel' d'Hiv en juillet 1942.

Un héros de 20 ans

René Bousquet est né le 11 mai 1909 à Montauban, d'un papa notaire ; d'après le ministre Barthélemy, qui ne l'aimait guère : « Au lycée, a toujours voulu être capitaine de football, quoique très médiocre joueur. » Surdoué. Il commence en 1930, une brillante carrière dans l'administration. A vingt ans à peine, chef de cabinet du préfet de Tarn-et-Garonne, il devient héros national lors des inondations dramatiques en mars 1930 à Montauban. Sauve personnellement plusieurs dizaines de personnes de la noyade. Sur la même barque que lui,  un jeune d'Action française qui, lui, paye sa bravoure par la mort. Bousquet eut l'habilité de survivre, diront certains. Pour cet acte de courage, Bousquet est fait par le Président Doumergue chevalier de la Légion d'Honneur et reçoit la Médaille d'or des belles actions. Ses deux parrains, les frères Sarraut, se montrèrent très fiers de lui. Ils le recommandent à tous leurs amis.

Paris, j'arrive !

Or donc, protégé des frères Sarraut, il « monte » à Paris dans les années 1931-32, il est successivement chef de cabinet avant de s'installer au Ministère de l'Intérieur. Nommé par le ministre du Front populaire, Roger Salengro, chef du fichier central à la direction générale de la Sûreté nationale. Endroit rêvé, et de confiance, pour surveiller les ligues d'extrême-droite. Daladier déclare que le radicalisme peut compter sur Bousquet. (2) Le ministre Cathala s'est attaché ses services et devient à 26 ans le plus jeune sous-préfet de France. Préfet de la Marne en septembre 1940. En poste à Reims, il maintiendra en fonctions certains élus locaux pourchassés par les Allemands ; peut-être au nom de la solidarité franc-maçonne ? (Journal de Genève, 9/6/93) Est nommé préfet régional de Chambéry en 1941. Voilà notre homme « lancé ». Ambitieux, arriviste même, il va dès lors donner la pleine mesure de ses talents. Grand, mince et distingué, portant beau. « On » dit que c'est un fort joli garçon et élégant et admiré des femmes qui aiment les jolis garçons. Les mauvaises langues colportent que la princesse de Broglie s'en est entichée ; les mêmes mauvaises langues  disent « plutôt joli garçon que bel homme. »

Vous êtes courageux !

Début 1942, le fameux docteur Martin cherche à tout savoir sur René Bousquet, car celui-ci vient d'être nommé secrétaire général à la police le 18 avril 1942 ; il conclut le 8 août 1942 le fameux accord prévoyant une étroite liaison entre les polices française et allemande. Auparavant le 5 mai 1942, le général SS Heydrich vient à Paris pour signifier à Bousquet que la police française passe sous les ordres du général SS Oberg. Bousquet ne l'entend pas de cette oreille : « Je ne vois pas du tout pourquoi on m'a convoqué, j'ai le sentiment que la convocation qui m'est faite met en même temps fin à l'exercice de mes fonctions. Pourquoi nous demander, pourquoi nous imposer des choses que vous Allemands, vous ne feriez pas ! ». Heydrich répond à Bousquet : « C'est un langage d'homme, M. Bousquet, je comprends votre émotion... J'ai appris beaucoup. Vous êtes courageux. J'accepte que cet ordre soit différé. » (3)
A ce poste, René Bousquet signe aussi bien des circulaires contre les Juifs que contre les résistants, et dans une lettre d'avril 1943 à Karl Oberg, numéro un de la police allemande en France, il souhaite que la police française « puisse poursuivre avec une énergie farouche la lutte contre tous les adversaires de la sécurité intérieure française, contre tous les agents de l'étranger qui voudraient faire régner sur notre territoire l'anarchie et le désordre ». D'après des témoins il éprouve une joie enfantine à étaler son tableau de chasse, le nombre d'arrestations depuis l'occupation totale par les Allemands. (4) Se flatte en Conseil de ses relations cordiales avec le général Oberg. (5) Laval l'encourage : « Dites au Conseil combien vous avez arrêté de gens... » . Sans doute estimaient-ils, qu'un bon ministre et de qualité se reconnaît au nombre de gens qu'il met sous les verrous. D'ailleurs un accrochage avec le ministre de la Justice est révélateur de l'état d'esprit de Bousquet : « Si j'étais ministre de la Justice... ». Il s'attira cette réplique : « Vous ne le serez jamais et c'est heureux ; car vous n'entendez rien ni à la justice, ni aux juges ».

Le Fouché de Laval

Il ne réserve pas les seules arrestations aux juifs et aux résistants. Ainsi le chef de la Milice de Toulouse, Frossard, est arrêté. En effet, Maurice Sarraut, avocat, sénateur radical-socialiste, directeur-propriétaire de « La Dépêche » de Toulouse est assassiné le 2 décembre 1943. Frossard niera toujours avoir fomenté l'attentat qui coûta la vie au protecteur de Bousquet. Mais Bousquet était expéditif, ainsi un ami du ministre de la Justice, Barthélemy, a été arrêté et interné au camp de Sisteron, sur ordre de Bousquet. Bousquet agissant en véritable Fouché de Laval, réduisit de six à trois mois la durée de l'internement, à la suite d'intervention. Au bout de trois mois, le quidam est libéré, n'ayant rien compris à ce qui lui était arrivé, ignorant des motifs de son internement. Toutefois Bousquet est opposé au contrôle de la police française en zone occupée par la police allemande, il accepte en contrepartie la participation active de la police française aux opérations de rafle des Juifs étrangers en France, puis de celle de tous les Juifs avec la grande rafle du Vel d'Hiv (13.000 personnes). René Bousquet adressera d'ailleurs plusieurs télégrammes aux préfets pour les inciter à plus d'efficacité. De sa propre autorité, il décide également d'annuler certaines dispositions qui mettaient à l'abri des arrestations les Juifs de moins de 18 ans et les parents ayant un enfant de moins de cinq ans.

Un assassinat

Au poste qu'occupe Bousquet, il est difficile de n'avoir que des amis : l'amiral Platon, occupait la lourde charge de diriger les activités anti-maçonniques. Ce protestant que Bousquet exécrait, songeait même à inclure les membres du Rotary parmi les francs-maçons. Ce n'était pas si mal vu. Grande colère de Bousquet, qui se plaignait auprès de Laval (6), des agissements de Platon, ce qui n'était pas faux, puisque, Bousquet fit arrêter un nommé Brasart, envoyé par Platon pour le surveiller. Incident grave en octobre 1942, une dispute met aux prises Laval à Platon. Les esprits s'échauffent. Dans une lettre de protestations qu'il adressait le 9 mars 1943 à l'amiral Platon qui l'avait accusé d'avoir tenu des propos diffamatoires à son égard devant les Allemands, René Bousquet écrivait : « Les hautes autorités allemandes avec lesquelles mes fonctions m'amènent à être en contact ne m'ont jamais vu commettre un acte ou prononcer une parole qui soit en contradiction avec les sentiments très naturels de patriotisme que je professe. Devant elles, il ne me viendrait jamais à l'esprit d'évoquer, pour quelque raison que ce soit, les divisions personnelles ou partisanes que je déplore entre Français. ».
Laval va commettre un acte déloyal. Bousquet obtient donc de Laval en mars 1943 le renvoi de l'amiral Platon, pourtant loyal exécutant de la politique de collaboration, en raison de son sectarisme anti-maçonnique (7) : Pierre Laval fit placer l'amiral en résidence surveillée dans sa propriété de Pujol-sur-Dordogne. Notons que si la garde pouvait empêcher Platon de sortir de chez lui, elle était dans l'impossibilité de vraiment protéger l'amiral des hommes du maquis de la Dordogne, et l'amiral fut enlevé par un maquis AS, puis détenu par les FTPF, torturé et finalement abattu d'une balle dans la nuque. Les amis de l'amiral Platon ne crurent jamais que Laval et Bousquet ignoraient qu'ils envoyaient l'amiral à la mort.

"Mes quatre-z-agents"

Autre épisode de la duplicité de Bousquet : l'enlèvement du général Weygand par les Allemands. Le général prit la route, deux voitures avaient été mises à sa disposition par le Maréchal : il se trouvait dans la première ; la seconde portait des policiers français chargés de veiller sur sa sécurité. Ce fut un jeu d'enfant pour les Allemands de s'emparer du général... et des quatre policiers français. A ce propos, Bousquet, jamais à court d'explications dit au Conseil que non seulement les Allemands avaient emmené le général Weygand, mais encore: « Ce qui m'ennuie particulièrement, c'est qu'ils ont gardé mes quatre-z-agents. »
Xavier Vallat démissionnaire chargé des « Questions juives » est remplacé par Darquier de Pellepoix. Et voici le lieutenant Dannecker, adjoint d'Adolf Eichmann, envoyé par Berlin, qui s'occupe d'organiser au plus vite, dans le cadre de l'opération « Vent de printemps », la rafle de 100.000 juifs, à prélever dans les deux zones. Plus tard, Bousquet qui avait accepté de coopérer, tant qu'il s'agissait d'arrêter des communistes pris en flagrant délit de « terrorisme » et des juifs étrangers qu'aucun Etat ne revendiquait, ne « marche » plus. Il devrait agir sans discrimination ; Bousquet ne l'accepte pas et ses relations « cordiales » avec le général SS Oberg en pâtissent. De plus, les Allemands se doutent que les services de Bousquet fabriquent des « vrais » faux papiers (8). Désabusé, il défie Knochen : « J'ai l'honneur de vous accuser réception de votre communication [...] concernant les consultations par les services allemands de police des listes d'israélites établis dans les préfectures. J'ai effectivement reçu le 12 novembre 1943 une communication du préfet régional de Limoges m'informant que le chef régional de la police de sûreté (SD) lui avait demandé l'autorisation de consulter les listes. Je lui ai indiqué qu'il était impossible de satisfaire à cette demande. [...] Pour les services de police et l'administration française, le fait d'être israélite ne constitue ni une présomption de responsabilité, ni en matière politique, ni en matière de droit commun. Il ne peut même comporter une aggravation de cette responsabilité, dans la mesure où un juif est poursuivi pour un crime ou un délit puni par notre législation pénale. D'autre part, les ordonnances allemandes ne concernent que la zone occupée. L'attitude de l'administration française ne peut par conséquent être différente de ce qu'elle est [...]». Mais notre homme n'est plus en odeur de sainteté auprès des Allemands (9), et dénoncé alors par la presse collaborationniste  (en particulier par Lucien Rebatet) qui rappelle ses amitiés radicales et franc-maçonnes et lui reproche l'arrestation des assassins de Maurice Sarraut ; René Bousquet démissionne, le 31 décembre 1943. Son remplaçant est Joseph Darnand, chef de la Milice. Laval remercie Bousquet de ses excellents services et l'assure de son amitié, puis le 5 janvier 1944, René Bousquet est arrêté par la Gestapo et transféré en Bavière  en résidence surveillée jusqu'à la fin de la guerre.

De retour en France, ses relations lui permettent, cette fois-ci dans le privé, à la Banque de l'Indochine dont il démissionnera en 1979 à la suite d'une déclaration de Darquier de Pellepoix sur la Collaboration, et lorsque son ancien adjoint Jean Leguay est inculpé de crimes contre l'humanité cette même année. Entre-temps, il avait été « épuré » en purgeant une peine de prison de mai 1945 à 1947. Le 23 juin 1949, il fait face à ses jurés où il peut compter sur la mansuétude du juré Jean Baylet, député et directeur de « La Dépêche de Toulouse » (10). Condamné par la Haute Cour de Justice à la peine minimum et symbolique de cinq ans de dégradation, mais aussitôt relevé de cette peine « en raison des actes accomplis en faveur de la Résistance ». Il reprend ses affaires et devient notamment directeur général adjoint de la Banque de l'Indochine. Devient également administrateur de la Banque Française de l'Asie et de la Banque Commerciale Africaine.

Celui qui un jour put dire : « Si j'étais ministre de la Justice... », ne connaîtra que le jugement de Dieu.
 
Notes

(1) Pierre de Villemarest a apporté des précisions : « ...certaines personnalités, issues de la Résistance, sont soulagées de cette disparition. En effet, Bousquet était en rapports étroits avec Oberg et Boemelburg qui, en 1942/44, supervisaient en France les affaires secrètes et, de ce fait, agents doubles ou agents «retournés » au sein de la Résistance. Bousquet en connaissait plusieurs, directement ou par dossiers. Ce qui explique son dédouanement et sa carrière paisible jusqu'à ce que, en 1979, ressorte un dossier qui ne concernait que les déportations de juifs. Soutenu sur le plan électoral, dans les années 1950 par l'UDSR (alors présidée par François Mitterand), Bouquet n'a jamais connu d'hostilité ni à gauche ni à droite »
(2) Le même Daladier qui dans les années 50 notait « ...une spéculation éhontée fleurit dans le pays. Elle se fonde sur le maintien de la piastre indochinoise au cours légal de dix-sept francs, alors qu'elle en vaut huit ou dix. » Ignorait-il que l'espoir du radicalisme en était ?
(3) L'avocat de Pucheu prétend que : « ...Les accords Bousquet-Oberg ouvrirent les dossiers gaullistes et autres de la surveillance du territoire à la police allemande. ».
(4) Un nommé Wilhelm, ancien conseiller commercial à l'ambassade de France à Berlin jusqu'en 1939, restera quelque temps un des principaux collaborateurs du ministre de l'Intérieur, et, à ce titre, participera les 26 et 29 juin 1942 aux entretiens Oberg, Knochen, Hagen, Dannecker et Bousquet, Leguay, Schweblin, consacrés à la déportation des juifs. Mort le 17 octobre 1974, il n'a pas rendu public son témoignage sur l'affaire. Il était officier de la Légion d'honneur.
(5) « Bousquet était une créature de Laval. Il signe des accords avec les généraux SS, leur ouvre ses dossiers, échange avec eux des fleurs et des bouteilles de champagne, etc... » (Barthélemy)
(6) « Il existait de plus une police anti-maçonnique du même type que la police anti-juive et, comme elle, composée de militants des partis collaborationnistes. L'activité de cette police, comme l'autre police anti-juive, dépendait principalement du S. D. Dès fin avril 1942, Pierre Laval supprime cette police, qui poussait le zèle de ses recherches jusqu'aux ministres et aux préfets. » (Rossignol, Vichy et les francs-maçons). Laval à Anatole de Monzie : « Il y avait un fanatique à mes côtés, c'était l'amiral Platon [...] J'ai supprimé son emploi par décret. Sais-tu qu'il avait révoqué, sans m'en prévenir et sans que cela fût en son pouvoir, deux de mes préfets, Coldefy et Pelletier ? Ils étaient un peu francs-maçons, bien sûr, et ils avaient fait de fausses déclarations [...] Platon alla jusqu'à mettre l'un de ses agents aux trousses de Bousquet. Il voulait à toute force lui découvrir une appartenance maçonnique. Mais Bousquet n'a pas froid aux yeux. Il a fait arrêter ce faux policier pour usurpations de fonctions. Ce dernier est encore en prison. Il y restera. » (Faucher, Les francs-maçons et le pouvoir)
(7) Dans ses témoignages l'amiral est présenté comme un forcené de l'anti-maçonnisme, ce qui n'est pas exact.
(8) Dans son livre «Avec le Soleil pour Témoin » (1981, Robert Laffont), la chanteuse Mireille rapporte qu’en 1943, après une visite rendue à Bousquet, celui-ci avait fait attaquer un maquis « factice » et vide de ses occupants. Mireille ajoute qu’elle avait rendu compte de cet épisode de la Résistance, au procès de Jacques Guerard, devant la Haute-Cour. Cette démarche de Mireille, en accord avec ses supérieurs de la Résistance, était motivée par la connaissance d’une prochaine attaque d’un maquis Corrézien par les Allemands avec les forces du Maintien de l’Ordre. Après avoir vu Laval et Bousquet, celui-ci lui dit : « Partez tranquille… ». En effet, 48 heures plus tard, le maquis « factice » était attaqué… et le « vrai » était sauf !
(9) Il est loin le temps où le colonel SS Knochen écrivait : «Bousquet était un travailleur actif et intelligent doué de qualités indiscutables. »
(10) « Le radical franc-maçon Bousquet, administrateur de la « Dépêche du Midi » quinze années durant...» (Rivarol, 18/6/93). La Dépêche n'apprécie pas ce genre de commentaires, sur la présence de Bousquet au sein du journal. Dans un communiqué « à nos lecteurs » la direction du journal essaie de prouver que « la réalité sur la présence de Bousquet dans notre groupe » est a replacer dans son contexte. La Dépêche : « René Bousquet était, dans les années « 60 », directeur général adjoint de la Banque de l'Indochine où, depuis dix ans, il n'avait cessé d'assurer des responsabilités élevées et il siégeait, par ailleurs, dans une douzaine de conseils d'administration. Il détenait, en outre, six postes de président-directeur général, en particulier dans le secteur bancaire... ». Ce que ne mentionne pas la Dépêche, c'est que Vital-Gayman, ancien des Brigades internationales d'Espagne, était sous ses ordres co-rédacteur en chef de la Dépêche, à partir de 1960.
(11) A cette époque le général De Gaulle présidait avec un cabinet où figuraient cinq communistes : Thorez, Tillon, Billoux, Marcel-Paul, Croizat. René Pléven était aux Finances et Bidault aux Affaires qui lui étaient absolument étrangères. Les communistes "gonflés" se permirent au sein de la Commission d'enquête d'accuser...
(12) Arthur Laurent, dit Laurent le Magnifique. Successivement gérant de Prisunic à Lille et employé dans un Monoprix de Bordeaux ; quitte la France en 1943, se fait des relations : le fils de Jules Moch et Jules Moch lui-même.
(13) Folklorique cette commission : les membres démissionnaient les uns après les autres. Les témoins, eux, disparaissaient discrètement ! Puis cette commission décida de rendre ses délibérations secrètes. Enfin seuls !
 
 
 
 

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Publié dans Libération 44-45

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