Vita Christi, par Eiximenis (1330-1409)

Publié le par Josep

Un évêque catalan du 14e siècle, Eiximenis [1330-1409] qui fut évêque d’Elne, entreprit d’écrire un livre sur la vie de Jésus « Vita Christi ».

Dans le chapitre V, il explique : « J’ai dû contre mon gré, composer ce livre en langue romane, pour répondre au désir de monseigneur Pierre d’Artès [d’Artois ?] je vis en effet que son intention était sainte lorsqu’il me dit que rédiger cet ouvrage en langue vulgaire profiterait beaucoup aux laïcs, qui sont généralement très ignorants en ce qui concerne la vie du Sauveur. ».

Ce livre cinquième retrace la partie essentielle de la vie de Jésus, et traite de son enfance sacrée, son adolescence et sa jeunesse, jusqu’à l’âge de 30 ans ; pour quelle raison l’Ecriture Sainte ne dit rien de la vie de Jésus de 12 à 30 ans ? et, surtout, de quoi vécut le Seigneur durant les trois jours passés au Temple ?

« Ils surent plus tard [les habitants de Nazareth] comment il avait fort savamment discuté dans le Temple de Dieu avec les docteurs, et c’est pourquoi ils espéraient qu’en grandissant, il ferait de grandes actions au profit et en l’honneur de toute la cité de Nazareth. Et quand ils virent qu’à vingt ans ils ne l’avaient pas encore vu faire ce qu’ils espéraient, ils s’en étonnèrent […] ».

Eiximenis relate les sentiments des Nazaréens ; critiques sur l’éducation reçue par Jésus : « Il est devenu un beau et grand jeune homme, mais il ne s’intéresse à rien […]. ».

Ce qui intrigue Eiximenis c’est cet épisode de Jésus au Temple. Saint Luc dans le second chapitre de son évangile nous conte la pérégrination de la Sainte Famille, pour la fête de Pâque. Jésus alors âgé de 12 ans, Eiximenis nous dit, lui : « Ce voyage [à Jérusalem] ordonné par Dieu, était une coutume parmi les juifs. Au terme de la fête, ils s’en retournèrent, et comme les hommes s’en allaient par un chemin et les femmes par un autre, Joseph qui ne voyait pas Jésus avec lui, pensa qu’il était avec sa mère ; de la même façon, la Sainte mère, ne voyant pas Jésus-Christ à ses côtés, pensa qu’il était avec Joseph. Ils ne se préoccupèrent de rien jusqu’au soir, où ils se trouvèrent dans la même auberge… ».

Cette disparition mit la Sainte famille dans une grande inquiétude. Accablés de douleur Marie et Joseph se mirent à la recherche de Jésus une grande partie de la nuit. En pure perte… Plus tard Jésus rejoint Nazareth, mais Marie et Joseph ne comprirent point ce que leur dit Jésus, voulant s’occuper des affaires de son vrai père.

Aussi Eiximenis sermonne-t-il : « L’homme jeune ne doit pas tout le temps suivre son idée et sa volonté, encore qu’il soit bien intentionné, mais il doit les soumettre à l’avis de ses saints père et mère où d’autre personnes d’esprit… ». Petit reproche, d’avoir causé de si grands tourments à la Sainte Famille ?

Ce qui nous vaut une relation sur l’éducation des enfants, qui peut être valable de nos jours sans grandes modifications. Et sans fioritudes, Eiximenis, évoque Joseph lavant les langes de Jésus, comme un père aimant ; toutefois il recommande : « …de tenir la verge à portée de main, car la crainte est absolument nécessaire à l’enfant et même au jeune homme. Sans crainte, en effet, il ne fera rien de bon, car le père risquerait alors d’être la cause de la damnation de son fils, et le fils la cause de celle du père. »

Et d’édicter :
  • Que l’éducation religieuse doit, pour l’essentiel, être achevée dès l’âge de 12 ans ;
  • Le service de Dieu est prioritaire sur celui des parents ;
  • Il ne faut hésiter à quitter sa famille si on est appelé par Dieu ;
  • On ne doit pas avoir peur de changer si c’est pour s’améliorer spirituellement.

On fera son profit :

Des « Cahiers de Fanjeaux » n° 43 ; le second évangile de saint Luc ; les textes de Saint Bonaventure ; Ludolphe de Saxe.
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Publié dans Religion

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