Exceptionnellement...
Au mois de janvier 1951, je me bats du côté de Luc Nam au Tonkin, contre la ruée Viet-Minh sur le Delta. Je suis sous-officier à la 7e Cie du 2e/3 REI.
Je reçois alors un colis de Noël en provenance de la mairie d'Auch (Gers) accompagné d'une carte-réponse portant ces mots : « LE MAIRE D'AUCH ET SON CONSEIL MUNICIPAL A L'EXCEPTION DES ÉLUS COMMUNISTES.»
On se rend compte à la lecture de ces mots que les communistes ne sont pas français, mais que pourtant ils siègent dans des conseils municipaux. On peut s'imaginer la réponse, mon indignation et ma fureur, mais aussi l'éclat de rire homérique qui secoua toute la compagnie à l'arrivée de cette « récompense ». Moi le traître, moi l'infâme, moi l'indigne national (Je n'étais pas encore amnistié) moi qui six ans auparavant n'aurais pas été digne d'être enterré en terre chrétienne si l'on m'avait fusillé; moi sur qui l'on avait craché, d'un seul coup d'un seul, par la grâce d'un conseil municipal composé de bourgeois pusillanimes, je devenais « un glorieux enfant de cette cité » qui avait laissé assassiner trente-deux de mes camarades. (voir)
C'était à s'en taper le derrière par terre !
Tout cela parce qu'à 12.000 km de la métropole j'étais censé la défendre contre ce qu'ils avaient adoré quelques années plus tôt.
Je ne faisais pourtant là que mener le même combat qui m'avait valu par NEUF fois dans l'après-midi du dimanche 20 août 1944, d'être mis au poteau par les guérilleros de la 35e brigade espagnole, maîtresse de la ville et du département.
Il devait y avoir quelque chose de faussé dans le raisonnement de ces édiles. Il y a toujours quelque chose de faussé !
G. C.
Je reçois alors un colis de Noël en provenance de la mairie d'Auch (Gers) accompagné d'une carte-réponse portant ces mots : « LE MAIRE D'AUCH ET SON CONSEIL MUNICIPAL A L'EXCEPTION DES ÉLUS COMMUNISTES.»
On se rend compte à la lecture de ces mots que les communistes ne sont pas français, mais que pourtant ils siègent dans des conseils municipaux. On peut s'imaginer la réponse, mon indignation et ma fureur, mais aussi l'éclat de rire homérique qui secoua toute la compagnie à l'arrivée de cette « récompense ». Moi le traître, moi l'infâme, moi l'indigne national (Je n'étais pas encore amnistié) moi qui six ans auparavant n'aurais pas été digne d'être enterré en terre chrétienne si l'on m'avait fusillé; moi sur qui l'on avait craché, d'un seul coup d'un seul, par la grâce d'un conseil municipal composé de bourgeois pusillanimes, je devenais « un glorieux enfant de cette cité » qui avait laissé assassiner trente-deux de mes camarades. (voir)
C'était à s'en taper le derrière par terre !
Tout cela parce qu'à 12.000 km de la métropole j'étais censé la défendre contre ce qu'ils avaient adoré quelques années plus tôt.
Je ne faisais pourtant là que mener le même combat qui m'avait valu par NEUF fois dans l'après-midi du dimanche 20 août 1944, d'être mis au poteau par les guérilleros de la 35e brigade espagnole, maîtresse de la ville et du département.
Il devait y avoir quelque chose de faussé dans le raisonnement de ces édiles. Il y a toujours quelque chose de faussé !
G. C.
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