Real/Barça

Publié le par Josep

Moment historique : le Barça vient d'infliger au Real Madrid (2-6), une humiliante défaite, à Madrid même. C'est plus que du fouteballe, c'est la victoire d'un pays sur les espanyolistes de la Castille...
Les rivalités footbalistiques sont un d’agrément sans cesse renouvelés en Espagne. En France les relations PSG/OM (Paris, Marseille) sont d’un niveau très folkloriques, bien que violentes avec leurs supporters, mais ce qui se passe en Espagne est d’un autre tonneau. Les gloires que sont les clubs de Madrid et de Barcelone suscitent de nombreuses et scabreuses polémiques.
La rivalité donc, du Barça de Barcelone et du Real Madrid, exarcerbée par le débauchage de joueurs hors norme, mettent en transe les supporters de ces clubs « frères ennemis ». Ainsi le Barça représente en Catalogne le nationalisme catalan, face au Real. Ce Real qui représente cette morgue madrilène. Et tous les coups sont bons dans cette « guerre ».
Mais ce qui refait surface, et mis sur la place publique, c’est le passé militaire franquiste de l’ancien président du Real, Santiago Bernabéu de Yeste. Après tout ! la guerre est finie, et Franco est mort, non ? Oui, mais, Bernabéu fut un soldat (caporal) dans l’armée franquiste qui « occupa » le territoire catalan lors de l’invasion des Nationaux. Et de plus, Bernabéu était un homme qui n’aimait pas les Catalans. Mais alors pas du tout !
En 1976, Santiago Bernabéu face à un journaliste de la revue « Posible », qui lui demandait comment il avait passé la guerre, rétorque qu’il ne lui plaisait pas de répondre à cette question. Le journaliste insiste et suppose que cela ne plairait pas que l’on sache « où » il était. Bernabéu s’énervant « …si on le publie, je viens, et je te tue… ».
Bernabéu et mort depuis 1978, aussi, sans crainte de le fâcher, la revue historique catalane « Sàpiens » révèlait comment l’éternel ennemi du Barça et de la Catalogne, exerça son métier de militaire, comme caporal dans la 150ème division marocaine, qui mit au pas la Catalogne en 1939. Mais de cette conquête Bernabéu ne s’en était attribué aucune atrocité, commise par cette division de Marocains (*) en Catalogne soumise. Tout en reconnaissant que ses camarades, peut-être…
Début de guerre civile, Bernabéu ne souhaitant aucunement finir fusillé sous les balles des rouges, alors âgé de 42 ans, s’enfuit de Madrid, et rejoint comme volontaire les rangs franquistes. Il est incorporé à la 150ème division marocaine, commandée par son ami le général Muñoz Grandes, le futur chef de la division Azul en Russie. Ce qui permis à « Sàpiens » d’écrire « Muñoz Grandes, l’ami de Bernabéu et de Hitler ».
Donc notre héros le caporal Santiago Bernabéu, modeste conquérant de la Catalogne, conquit ainsi la Croix du Mérite militaire et la Croix de Guerre. Avant que de faire conquérir, en brave enfant adulé du régime franquiste, 6 coupes d’Europe au Real de 1955 à 1967. Glorieux palmarès.
Des deux présidents, Bernabéu, en 1943, devint un héros du régime nouveau, alors que celui du Barça, Josep Sunyol i Garriga il avait été tout simplement fusillé en 1936.


(*) La fréquentation des nord-africains ne dérangeait pas alors Bernabéu. En 1957 alors qu’il lui était demandé son avis sur l’incorporation d’un joueur brésilien dans le football espagnol, il répondit : « Les nègres sont de grands enfants, mais on ne les veut pas à Madrid. La couleur de notre uniforme et blanc. »
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Publié dans Fouteballe

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